Mathieu Eveillard

Waterfall : la recette de l'échec

Waterfall : la recette de l’échec

Le métier de Doctolib, tout le monde peut le comprendre. Pourtant, « faire » Doctolib, c’est compliqué. Cet exemple illustre bien les défis de l’informatique de gestion : produire du code à l’échelle, dans un contexte d’incertitude forte sur le besoin des utilisateurs.

Pour ce type de logiciels, soyons très clairs : les méthodologies séquentielles (« waterfall ») ne fonctionnent pas en dehors de très petits projets. Les projets waterfall à plusieurs millions d’Euros, ça ne marche pas. Ce n’est pas « la faute à pas de chance », ni même un sujet de compétence : cela tient à des raisons structurelles.

Définition des méthodologies séquentielles

Les méthodologies séquentielles se définissent par le fait que le projet est une succession d’étapes sans retour. Ainsi, la conception fonctionnelle est faite une fois pour toutes, puis on passe à la conception technique en considérant la conception fonctionnelle comme un acquis.

Ces étapes sont les suivantes : cadrage, rédaction d’un cahier des charges, appel d’offres, conception fonctionnelle, conception technique, développement, recette et mise en production. Le projet est alors terminé et l’application rentre en maintenance.

Sur le papier, c’est magnifique. Dans la réalité, ça ne tient pas deux secondes.

Pourquoi le waterfall ne fonctionne pas

Rappel : nous parlons ici d’informatique de gestion, caractérisée par l’incertitude relative au besoin des utilisateurs. Les méthodologies waterfall conservent leur intérêt dans d’autres contextes.

Quelles sont les alternatives ?

Si le waterfall ne fonctionne pas, quelles sont les alternatives ? Je n’en connais qu’une : l’Agilité. Ce mot vous fait peut-être peur tant il est galvaudé, pourtant l’Agilité conserve tout son sens.

L’Agilité n’est pas évidente, je le conçois : en tant que donneur d’ordres, vous mettez de l’argent sur la table sans engagement de résultat de la part de vos développeurs ou de votre fournisseur.

Seulement, vous ne mettez pas tout de suite 1 M€. Vous mettez 20 à 50K€ et vous observez le résultat, un incrément de logiciel sur base duquel des utilisateurs vous feront part de leur feedback. Faire peu et itérer fréquemment.

Ainsi, vous engagez des moyens au fur et à mesure que la confiance se construit : confiance dans votre fournisseur, mais aussi confiance dans le fait que vous construisez un produit utile, un bon produit.

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