Mathieu Eveillard

Comment naissent, mûrissent et se réécrivent mes articles.

Comment naissent, mûrissent et se réécrivent mes articles.

Voilà quelques années que j’écris régulièrement au sujet de mon métier. Au-delà des motivations qui me poussent à affronter la page blanche chaque semaine, j’ai pensé qu’il serait intéressant, une fois n’est pas coutume, de lever le voile sur le processus d’idéation et d’écriture lui-même.

Naissance des idées

Mes écrits naissent d’un vécu, d’un ressenti, et souvent d’une interaction. Je m’entends formuler une idée et m’empresse de la noter pour ne pas la perdre. À ce stade, ce sont quelques mots, une formulation, une intuition, souvent bancale. Quand une idée revient avec insistance, c’est qu’il est temps de lui donner corps, c’est-à-dire de l’explorer plus avant. Car oui, écrire est un rendez-vous avec soi-même, un combat d’esprit à esprit pour tenter d’y voir clair. J’écris avant tout pour moi, assurément. Et, plus souvent que je ne le souhaiterais, l’idée se révèle bancale et il faut la laisser reposer.

Ce cheminement intérieur n’est que très rarement en lien avec l’actualité. Le fil logique est celui des projets que je mène, des interactions qu’ils occasionnent et de mes propres apprentissages, le lien étant l’artisanat logiciel. Chose inconsciente au début, j’en ai fait un choix par la suite, parce que je me méfie de l’actualité. Il est trop facile de se fourvoyer, par manque de recul. Et puis suffisamment de conneries sont dites chaque jour pour ne pas ajouter les miennes 🙂

Quatre façons d’affronter la page blanche

Écrire n’est pas un long fleuve tranquille. J’observe globalement 4 patterns :

Quoi qu’il en soit, l’écriture d’un seul article de 3 à 4 000 signes requiert au minimum une demie journée, souvent plus.

Et l’IA dans tout ça ?

L’IA me sert exclusivement de sparring partner. Je souhaite que mes articles demeurent une production originale et reflètent qui je suis. En fait, je ne sais pas faire autrement, tant l’idée passe par le verbe.

Ce sparring partner est donc là pour m’apporter un maximum de contradiction et détruire l’idée très en amont plutôt que quelqu’un ne le fasse en commentaire. C’est un équivalent plus spécifique du skill grill-me.

Effacer le chemin et garder l’œuvre

Le fait de « recycler » d’anciens articles, en prenant soin de supprimer l’original, revient à effacer le cheminement de la pensée, les errements, au profit des idées que je tiens pour vraies à un instant donné. Cela, dans l’absolu, ne me plaît guère, car je trouve le chemin qui mène à l’œuvre souvent plus intéressant que l’œuvre elle-même. Peut-être est-ce d’ailleurs un fantasme de croire que l’on puisse faire aboutir quoi que ce soit.

La conséquence est que je vois ces articles non pas comme un flux (LinkedIn) mais bien comme un stock, un capital, qu’il faut sans cesse entretenir. Dire cela revient naturellement à dire que ces articles seront compilés tôt ou tard dans un livre ou un livre blanc, la chose étant encore à définir.

Au final, l’écriture est autant un plaisir qu’une nécessité intellectuelle, qui a le bon goût de me faire vivre depuis quelques années. Pour démarrer, deux choses furent essentielles : déterminer une ligne éditoriale et initialiser un backlog avec une vingtaine de sujets d’articles. Puis commencer. 3 choses, donc.

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