Pourquoi j'écris

TL;DR: parce que j’aime ça, mais pas que.
C’est, bien sûr, avant tout, l’envie de partager mon expérience et la recherche du mot juste. C’était le premier élan, il y a 2 ans. Puis, avec le temps, j’ai constaté que les mots portaient, m’incitant par la même occasion à mieux définir mes objectifs.
Voici donc (au moins) 3 raisons pour lesquelles j’écris.
Une question d’hygiène intellectuelle
J’écris parce que je ne sais pas ce que je pense tant que je n’ai pas lu ce que je dis.
Cette citation de Flannery O’Connor dit parfaitement ma motivation première : j’écris avant tout pour moi, parce que j’en ressens le besoin.
J’ai souvent une compréhension intuitive des choses. Malheureusement, l’intuition n’est pas communicable et peut nous jouer des tours. La coucher par écrit vous oblige à la structurer, à identifier les liens de cause à effet, à revenir à l’essence d’une idée et donc à la comprendre un peu mieux.
Einstein disait : « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement ». D’expérience, il faut revenir souvent sur une idée pour la rendre simple sans pour autant la dénaturer. Simple, et non simpliste. La perspective d’être lu vous aiguillonne et vous incite à fournir cet effort supplémentaire.
Être clair, non ambigu, exhaustif, voilà mon premier objectif. Cela me conduit à compléter mon savoir, souvent, et à me rendre compte parfois que ma compréhension est erronée. Écrire est ainsi l’occasion d’instaurer un dialogue avec soi-même, c’est-à-dire, tel Montaigne, de « penser contre soi-même ».
Écrire pour entrer en relation
Voilà plus de deux ans que je publie chaque semaine sur LinkedIn, une fois par semaine. Au bout d’un an, les premiers « clients LinkedIn » se sont manifestés, j’entends par là des personnes qui me lisent depuis un moment et constatent que mes écrits font écho à la situation de leur entreprise. Chose amusante, ces personnes ne font pas toujours partie de mon réseau, n’ont parfois jamais liké et encore moins commenté la moindre publication. Et pourtant, elles me lisent 🙏
Quoi qu’il en soit, le grand bénéfice de cette façon de trouver mes futurs clients, au-delà de contractualiser directement avec eux, est que les leads m’arrivent presque déjà qualifiés. Dire explicitement ce que je pense au travers de mes publications éloigne les organisations qui n’adhèrent pas à ma façon de voir les choses et me rapproche de celles que je recherche. Il ne nous reste plus qu’à étudier en détail les modalités de notre travail commun, mais, globalement, l’inadéquation est rare.
Anecdote : lors d’une récente discussion avec un prospect, j’évoquais la nécessité de « poser des fondations techniques solides pour aller au MVP en créant le moins de dette possible ». Et lui de compléter : « Ah, tu parles de faire un Walking Skeleton ? J’ai lu ton article sur le sujet. » Voilà qui fait plaisir et facilitera nos futurs travaux. Il semble donc que mes articles contribuent à éduquer mes lecteurs (certains disent « évangéliser »), prouvant au passage qu’une mission commence parfois avant-même de connaître le client.
Écrire pour éduquer
Depuis quelques mois, je suis contacté par les CEO de startups qui prennent les devants pour éviter d’accumuler trop de dette technique. Mon intervention consiste alors à former les équipes en place et les conseiller pour poser des bases saines avant d’écrire plus de code. Il s’agit d’anticiper en particulier le sujet de la modularité, de poser une architecture qui laisse des portes ouvertes et d’ancrer très tôt une stratégie de tests efficace et pragmatique. Autant de choses que l’on regroupe sous le terme de Walking Skeleton.
Les demandes d’interventions curatives (mode pompier : « à l’aide, y’a tout qui brûle ») ne sont pas prêtes de s’arrêter, et encore une fois pas de culpabilité ni de jugement : les entreprises font au mieux, chacune a son histoire et il y a déjà beaucoup de mérite à avoir survécu au-delà de 5 ans. Mais ces sollicitations nouvelles pour une intervention d’ordre préventif prouvent que le message porte auprès des CEO : la dette technique est un sujet business.