Pourquoi embaucher un coach à temps plein n'est pas une bonne idée

Il y a bien sûr le coût, que j’évoque succinctement pour mieux le laisser de côté : ce coût doit être mis en regard d’un ROI. Voir à ce sujet l’interview d’un de mes clients, Antoine Sauvage, CTO d’Ovrsea. En tant que donneur d’ordres, vous serez contraint budgétairement.
Mais mon propos ici est que vous ne voudriez pas d’un coach à temps plein, de toute façon.
Une nécessaire respiration
Je consacre rarement plus de 2 jours par semaine à un client. Tout dépend évidemment du nombre d’équipes en place, mais ces dernières ont besoin de temps pour mettre en œuvre les pistes d’amélioration identifiées ensemble, du temps pour « digérer », expérimenter par elles-mêmes, faire de nécessaires erreurs et revenir la semaine suivante avec de nouvelles interrogations. Appelons cela une nécessaire respiration.
D’autre part, un tel accompagnement est voué à s’estomper avec le temps, puisque le but d’un coach est de rendre autonomes les organisations et les personnes qu’il accompagne. Si, dans les premiers temps de l’échange, il apporte des solutions concrètes aux problèmes qui lui sont soumis, avec le temps son intervention vise à ce que l’organisation trouve elle-même ses propres solutions (différence entre consultant et coach). Sa mise en retrait progressive est même un critère de réussite à part entière.
Une expertise basée sur la pratique
Au-delà, c’est aussi une question d’équilibre du coach : transmettre son savoir est certes un moyen formidable d’aller plus loin dans la connaissance, de lever des zones d’ombre, mais un coach qui se consacrerait à temps plein à cette activité risquerait beaucoup de perdre en pertinence avec le temps. Transmettre à temps plein est une démarche rapidement stérile, parce qu’il faut mettre du fuel dans la machine.
Un seul exemple, évident : que vaudrait l’accompagnement d’un coach qui ne pratique plus le développement au quotidien en 2026, quand l’avènement des LLMs vient bousculer tant de choses ?
Un bon coach est donc d’abord un bon artisan, doublé d’un excellent pédagogue capable de faire accoucher les esprits. La connaissance intime et profonde d’un sujet naît de ces minuscules découvertes accumulées jour après jour, au long de milliers d’heures de pratique.
Alterner entre pratique et transmission est pour moi un besoin aussi vital que respirer. Une activité nourrit l’autre, tout en maintenant l’envie au niveau le plus haut. Sans cette alternance, j’aurais tôt fait de saturer 🌱 Mais au-delà de ma personne, vous, CEO ou CTO, ne voulez pas d’un coach à temps plein parce que ce n’est pas bénéfique pour votre organisation.