Pourquoi embaucher un coach à temps plein n'est pas une bonne idée
Au-delà du coût, faire intervenir un coach à temps plein peut se révéler contre-productif, car vos équipes ont besoin de temps pour digérer.
Publié le 26 octobre 2022Dernière mise à jour le 15 février 2025

Il y a bien sûr le coût, que j'évoque succinctement pour mieux le laisser de côté : ce coût doit être mis en regard d'un ROI. Voir à ce sujet l'interview d'un de mes clients , Antoine Sauvage, CTO d'Ovrsea.
Ceci pour dire qu'en tant que donneur d'ordres, vous serez contraint budgétairement. Mais mon point, au-delà de l'argent, est que vous ne voudriez pas d'un coach à temps plein de toute façon.
Une nécessaire respiration
Avant toute chose, la nature-même du coaching fait qu'il serait peu pertinent d'intervenir à temps plein chez un client. Le temps de présence auprès d'une organisation dépend bien sûr du nombre d'équipes et de personnes à coacher, mais il est rare, de fait, que je consacre plus de 2 jours par semaine à un client. Tout simplement parce qu'il faut du temps aux équipes pour mettre en œuvre les pistes d'amélioration identifiées ensemble, du temps pour "digérer" et revenir la semaine suivante avec de nouvelles interrogations. Appelons cela une nécessaire respiration.
D'autre part, le dimensionnement d'un tel accompagnement est voué à diminuer au fil du temps, puisque le but d'un coach est de rendre autonomes les organisations et les personnes qu'il accompagne. Si, dans les premiers temps de l'échange, il apporte des solutions concrètes aux problèmes qui lui sont soumis, avec le temps son intervention vise à ce que l'organisation trouve elle-même ses propres solutions (différence entre consultant et coach ). En ce sens, on pourrait dire que sa mise en retrait progressive est un critère de réussite à part entière.
Une expertise basée sur la pratique
Au-delà, c'est aussi une question d'équilibre du coach : transmettre son savoir est certes un moyen formidable d'aller plus loin dans la connaissance, de lever des zones d'ombre, mais un coach qui se consacrerait à temps plein à cette activité risquerait beaucoup de perdre en pertinence avec le temps. Enseigner à temps plein est une démarche rapidement stérile.
Un bon coach est donc d'abord un bon artisan, doublé d'un excellent pédagogue capable de "faire accoucher les esprits". La connaissance intime et profonde d'un sujet naît de ces minuscules découvertes accumulées jour après jour, au long de milliers d'heures de pratique.
D'où l'image de couverture : l'adolescent qui faisait ses premières tentatives cinématographiques à l'aide de maquettes maladroitement bricolées n'est autre que… Steven Spielberg. Talent et travail font décidément bon ménage. Pourquoi Steven Spielberg est-il bon ? Pourquoi est-il connu et reconnu ? Parce qu'il donne de bonnes masterclasses ? Non, parce qu'il est avant tout un très grand réalisateur 🎬🦖
Alterner entre pratique et transmission est pour moi un besoin aussi vital que respirer. Une activité nourrit l'autre, tout en maintenant l'envie au niveau le plus haut. Sans cette alternance, j'aurais tôt fait de saturer 🌱 Concrètement, cet équilibre entre temps facturé et temps consacré à la pratique se situe pour moi entre 50/50 et 60/40 selon les semaines, dans un sens comme dans l'autre.
Pour toutes ces raisons, vous ne voulez pas d'un coach à plein temps 😉